Accueil Entrevues Entrevue exclusive avec le Dr Clayborne Carson: L'un des historiens les plus éminents de l'Amérique nommé pour un Oscar
Entrevue exclusive avec le Dr Clayborne Carson: L'un des historiens les plus éminents de l'Amérique nommé pour un Oscar PDF Print E-mail
Written by Patricia Turnier   
Wednesday, 05 October 2011 03:00
Clayborne Carson est né à Buffalo (New York) mais a grandi au Nouveau-Mexique où il a fait ses études de première année à l’Université du Nouveau-Mexique.  Il a obtenu son B.A   en 1967, sa maîtrise ès lettres en 1971 et son doctorat en 1975 à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).  Dr Carson a été impliqué dans le mouvement des droits civiques et dans les protestations contre la guerre du Vietnam durant ses études universitaires.  En 1985, Madame Coretta Scott King lui a demandé de mettre sur pied The Martin Luther King Jr.  Papers Project.  En tant que directeur fondateur, Carson s’est occupé de la compilation et de l’édition des 14 volumes des sermons du Dr King, de l’ensemble de sa correspondance et des écrits non publiés .  Il a aussi édité des travaux ne figurant pas dans le Papers Project tels que l’ouvrage Martin Luther King:  Autobiographie , 1998 (l’enregistrement de ce livre a remporté un prix Grammy plus tard en 1999 en tant que meilleur documentaire mis sur CD).  Diverses publications de Carson ont été traduites en plusieurs langues.  Dr Carson a enseigné et tenu des conférences à travers les Etats-Unis et à l’étranger:  France, Grande-Bretagne, Chine, Inde, Afrique du Sud, Zimbabwe, Tanzanie parmi d’autres pays. Présentement, il est professeur d’histoire à l’Université Stanford où il est également directeur fondateur de l’Institut de recherche et d’éducation King.  En sus, Carson est le Professeur Distingué King  à l’Université Morehouse.  Pendant sa carrière, Dr Carson a été professeur visiteur à l’American University, UC Berkeley et Emory.  Il a aussi été un membre  au Centre d’études avancées des sciences béhavioristes à Stanford.  Il a été conseiller senior pour la remarquable série télévisée Eyes on the Prize:  America at the racial crossroads –1965-1985, une vidéo de 14 heures de PBS (1989) ayant remporté des prix.  Il a occupé le rôle de conseiller en tant qu’historien pour le documentaire ayant remporté un Oscar  pour Freedom on my mind (1985).  Les publications du Dr Carson apportent un éclairage aux mouvements protestataires et des idées politiques des Afro-Américains au cours de la période postérieure à la deuxième guerre mondiale.  Son travail est apparu dans plusieurs importants périodiques historiques, dans de nombreuses encyclopédies et dans des magazines populaires.  Son premier livre, In Struggle: SNCC and the Black Awakening of the 1960s, une étude sur le SNCC  a été publié en 1981 et a gagné le prix Frederick Jackson Turner de l’Organisation des historiens américains.  Parmi les distinctions honorifiques et les prix conférés, Dr Clayborne Carson a reçu un grade honorifique spécialement  significatif  en 2007 de l’Université Morehouse car cette institution a été fréquentée par de grands hommes tels que Martin Luther King, Jr et Sr.

Dr Carson a créé Passages of Martin Luther King, un documentaire dramatique qui a été produit en premier par le département d’art dramatique de Standford en 1993 et subséquemment a été présenté à l’Université Darmouth, l’Université Willamette et l’Université de Washington.  Le 21 juin 2007, le Théâtre national de Chine a présenté la première internationale de la pièce de théâtre du Dr Carson Passages of Martin Luther King en 1993 au théâtre  Beijing Oriental Pioneer.  Plus récemment, l’historien a collaboré avec le groupe Roma Design de San Francisco pour fonder une compétition internationale visant à concevoir le mémorial national du Dr King à Washington.

Présentement, Dr Carson enseigne un cours concernant le combat contemporain pour la liberté des Africains-Américains à l’Université Morehouse.  Il est régulièrement invité pour apparaître dans des émissions notables telles que The Charlie Rose, Tavis Smiley Show, Fresh Air, Goodmorning America, CBS Evening News parmi tant d’autres.

Dr Carson fait partie de l’élite des historiens en Amérique.  Dans ses écrits, les lecteurs découvrent l’importance des activités politiques avec la masse dans la lutte vers la liberté des Afro-Américains. En 2005, le professeur a créé l’Institut King ayant un site internet extrêmement populaire  qui attire un public diversifié et mondial.  Il est devenu une source majeure d’éducation essentielle à propos du Dr King et le continuel combat visant à atteindre la paix accompagnée d’une justice sociale. Ainsi, Dr Clayborne Carson a dévoué sa vie professionnelle à l’étude de Martin Luther King Jr et aux mouvements que le Dr King a inspirés.  Sur le plan personnel, Dr Carson a marié Susan Ann Carson qui, jusqu’à sa retraite, a occupé le rôle de directrice-éditrice du King Papers Project.  Dr Carson et sa femme ont des enfants et des petits-enfants.  Leur fils est un avocat pratiquant à la fondation d’aide juridique de Los Angeles.  Il a obtenu un diplôme à l’Université Howard et à l’Université de Californie à l’école de droit Boalt Hall.  Leur fille détient une maîtrise en travail social et vit en Californie avec ses enfants.  Elle a obtenu son grade à l’Université d’État San José et elle est une employée du comté de Santa Clara.  Nous avons parlé au Dr Carson au printemps 2009 qui a aimablement partagé avec nous son expertise sur l’histoire avec nous.  Propos recueillis en anglais et traduits en français par Patricia Turnier, LL.M (détentrice d’une maîtrise en droit), rédactrice en chef. Cette entrevue a été publiée en Afrique et au Canada en 2009.

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Patricia Turnier, LL.M. s’adresse au Dr Clayborne Carson, Ph.D:

P.T.  Votre fascination pour l’histoire a commencé avec le début du mouvement des droits civiques.  Que pouvez-vous nous dire sur votre passion?
 
Dr.  C.C.  En tant qu’enfant, j’avais du plaisir à lire des livres d’histoire même si à l’époque je ne pensais pas à devenir historien.  J’aimais non seulement lire sur l’histoire afro-américaine mais aussi sur l’histoire du monde.  Je me souviens d’avoir lu sur les pionniers des États-Unis.  En tant qu’adolescent, j’ai lu les classiques de Richard Wright comme Black Boy et Native Son.  Lorsque j’ai commencé l’université, j’ai étudié l’histoire de l’Amérique latine et je me suis spécialisé dans ce domaine.  J’étais fasciné par le Brésil, une société multiculturelle, en tant qu’étudiant.  Je n’avais pas un intérêt spécial pour l’histoire afro-américaine avant d’avoir gradué.  A cette époque, j’étais impliqué dans la lutte vers la liberté des Afro-Américains.  Ainsi, je suis devenu plus intéressé à l’histoire récente des Afro-Américains.  Je ne pensais pas devenir un historien du mouvement des droits civiques parce que cela m’apparaissait récent.  J’avais toujours considéré l’histoire comme quelque chose de lointain dans le passé.  Par conséquent, je n’avais jamais vraiment envisager d’étudier une période que j’étais en train de vivre.  Mais, l’un de mes professeurs m’a rappelé que j’ai écrit plusieurs articles en tant que journaliste durant les années 60.  Je n’avais réellement pas considéré cela comme une possibilité.  J’ai même demandé à mon professeur si c’était vraiment de l’histoire.  De cette façon, j’ai écrit une dissertation portant sur le SNCC.  Le titre de ma thèse était “Toward freedom and community ”.  Au troisième cycle universitaire, j’ai réalisé que l’histoire afro-américaine était le domaine qui m’intéressait le plus.  J’aimais écrire à propos de la façon dont des gens opprimés luttaient pour obtenir la liberté.
 
P.T.  En tant qu’historien, pensez-vous qu’il existe réellement une différence entre la gauche et la droite eu égard aux intérêts de l’Amérique noire ou est-ce une illusion?  Par exemple, nous avons tendance à oublier que l’abolitionniste Abraham Lincoln était un républicain .  A partir de cette période jusque dans les années 30 (pendant l’ère Roosevelt) la majorité de l’Amérique noire votait pour les Républicains.  Maintenant, 90% de l’Amérique noire vote pour les Démocrates.  Comment expliquez-vous cet historique changement depuis les années 30 et quelle est votre opinion à propos des deux partis en ce qui a trait à la défense des droits civiques et de la justice économique pour l’Amérique noire?
 
Dr.  C.C.  Eh bien, je crois que ce n’est pas l’Amérique noire qui a changé mais le parti.  Durant l’ère d’Abraham Lincoln, le parti a utilisé son pouvoir pour libérer les esclaves.  Pour l’Amérique noire, le parti républicain était celui de Lincoln.  Les Afro-Américains pensaient durant le 19ème siècle que les Républicains veillaient à leurs intérêts par conséquent ils ont voté pour ce parti à compter de l’ère de la Reconstruction.  Après 1930, les Afro-Américains croyaient au New Deal avec ses réformes sociales et économiques.  C’est de cette façon, que le changement d’allégeance s’est produit.  Pendant les années 30, les Afro-Américains percevaient que les Démocrates étaient plus efficaces pour faire face à la crise économique de l’époque.  Par conséquent, les Afro-Américains ont changé d’allégeance.  Ils croyaient aux programmes offerts par le parti de Roosevelt:  le salaire minimum, la sécurité sociale, etc.  Cette croyance est devenue plus forte dans les années 60 avec la législation sur les droits civiques au courant des années Kennedy et Johnson.  Le parti démocrate a montré qu’il était une plus grande force pour la justice sociale.  Les Afro-Américains ont donc historiquement soutenu le parti qui rendrait leur vie meilleure.
Lorsque Lyndon Johnson a été capable de voter la loi sur les droits civiques de 1964 et la loi sur les droits de vote de 1965, je pense qu’à partir de ce moment 80% des électeurs noirs ont choisi les Démocrates.  A cette époque, le parti républicain n’a pas démontré une volonté concrète de changer les choses pour les Afro-Américains.  Ils soutenaient les ségrégationnistes sudistes avec leur idéologie de droite, par conséquent il aurait été difficile pour l’Amérique noire d’approuver ce système de pensée.  L’ancien président américain Lyndon Johnson a pris la responsabilité de créer la législation incluant les lois sur les droits civiques, Medicare, Medicaid, l’aide à l’éducation et la “Guerre contre la pauvreté”.  Dans les années 60, le Président Johnson a représenté une force positive pour la justice sociale.  Le candidat de l’opposition durant les élections de 1964, le Républicain Barry Goldwater, était inflexiblement contre les projets de loi sur les droits civiques.  A cet égard, avec le temps, le parti républicain est devenu davantage la droite et plus conservateur.  Toutefois, il était possible par moments de trouver des gens progressistes dans le parti républicain.  Par exemple, des gens comme Nelson Rockefeller étaient favorables aux droits civiques.  Ils ont encouragé des réformes sur les droits civiques mais ils formaient une minorité.  Ainsi, je crois qu’à travers l’histoire l’allégeance de l’Amérique noire s’est toujours tournée vers le parti qui défendait le mieux ses intérêts.
 
P.T.  Dr Clayborne Carson, vous avez dévoué votre vie professionnelle à l’étude de Martin Luther King, Jr et les mouvements inspirés par King.  Vous aviez 19 ans lorsque vous avez entendu l’un des plus grands discours du 20ème siècle, “Je fais un rêve”, le 28 août 1963 à Washington, D.C.  Pouvez-vous nous parler de cet événement et de ce que cela a représenté pour vous?
 
Dr.  C.C. J’avais à l’époque 19 ans.  C’était l’un des événements les plus excitants auxquels j’ai assisté par moi-même et c’était la première fois que je me retrouvais à Washington, D.C.  Je perçois cet événement comme un point tournant de ma vie.  Cela m’a permis de décider pour moi-même ce que je voulais faire politiquement parlant.  J’étais capable de m’identifier à cet excitant mouvement s’étant développé dans le Sud.  Au fait, je n’étais pas un Sudiste, j’ai grandi au Nouveau-Mexique.  Quand j’ai lu des articles à propos des protestations qui avaient lieu, je pouvais m’identifier aux contestataires; plusieurs parmi eux avaient mon âge par conséquent je voulais en faire partie.  Me rendre à la marche était ma manière de faire partie de ce mouvement.  Je me suis fait des amis de longue date à compter de ce moment comme Stokely Carmichael qui est devenu le chef du SNCC, Bob Moses qui était l’un des leaders pour la campagne des droits de vote au Mississippi.  J’ai rencontré des gens comme eux.  Je les admirais beaucoup, autant que MLK.  J’ai plutôt vu Dr King à distance.  Je n’ai jamais été capable de lui parler personnellement.  Il était sur un piédestal et je l’admirais mais des gens comme Moses et Carmichael étaient des modèles dans ma vie personnelle.  Ils étaient proches de mon âge et il était plus facile pour moi de m’identifier à eux.  Je m’imaginais devenir comme eux.

P.T.  Mais qu’avez-vous ressenti quand vous avez entendu le fameux discours du 28 août 1963?
 
Dr.  C.C.  J’étais très impressionné par la taille de la foule.  Il y avait 250 000 personnes.  Comme je l’ai mentionné auparavant, c’était la première fois que je me retrouvais à Washington, D.C.  Je n’ai jamais été au mémorial Lincoln, par conséquent tout était impressionnant pour moi.  Cela risque de vous surprendre mais pour moi à l’époque le discours de King en était un parmi d’autres.  C’est seulement plus tard que j’ai réalisé avoir été présent lorsque Dr King a fait un discours considéré comme l’un des plus importants du 20ème siècle.  J’ai entendu ce discours si souvent après qu’il m’est difficile de me souvenir de ce que j’ai ressenti la première fois quand je l’ai entendu.  Lorsque j’ai écouté Dr MLK cette journée, je n’étais pas familier à entendre des gens faisant des discours par conséquent je ne pouvais comparer.  Je n’avais jamais entendu avant Dr King, ainsi je ne pouvais savoir qu’il s’agissait de l’un de ses meilleurs discours.  En sus, lorsqu’on est entouré de tant de personnes dans une grande foule, on devient distrait par ce qui est autour de nous.  C’est comme le discours d’Obama, on pouvait entendre et mieux voir à la télé sans la distraction provenant d’une large foule.  Je suis certain que les gens qui ont été à l’inauguration ont probablement moins bien entendu que les personnes qui ont écouté le discours à la télé.  On est distrait par beaucoup de choses qui se passent autour et le son varie dépendant de l’endroit où l’on est situé.  Alors, après le 28 août 1963, j’ai compris l’ampleur du discours.  J’ai réalisé plus tard la profondeur des mots puissants que j’ai entendus.  Cet événement était l’une des plus grandes démonstrations des droits civiques de l’histoire américaine.
 
P.T.  Je sais que vous n’avez pas personnellement connu Dr King, mais pouvez-vous nous parler de MLK, l’homme et le mythe?
 
Dr.  C.C.  J’ai plus appris à propos de lui en tant qu’homme.  Jusqu’à un certain degré, je m’identifiais de façon plus étroite aux jeunes gens qui prenaient beaucoup de risques.  Ils pouvaient se permettre de faire cela parce qu’ils n’avaient pas encore leurs propres familles.  Nous admirions tous Dr MLK, mais je pense que le mythe était qu’il représentait le leader du mouvement.  Pour certaines personnes, il l’était mais pour d’autres il était un leader parmi d’autres.    Certains leaders de la masse ont initié les sit-in, ils ont été au Mississippi pour aider les gens à s’enregistrer pour les votes, ils ont participé par leur propre initiative aux tours en voiture, aux marches en vue de l’acquisition de la liberté, etc.  Ils se sont impliqués au combat concernant les autres aspects liés à la discrimination et à la ségrégation.  Il y avait d’autres leaders, des hommes et des femmes.  Ils ne demandaient pas de permission, ils posaient les actes requis de leur propre chef.  Ils se sont rendus dans le Sud profond.  Ils étaient plus impliqués dans les régions rurales.  Dr King n’a pas souvent été dans le Sud profond.  Je considère qu’il était un leader urbain plutôt que rural.
 
P.T.  C’est vraiment intéressant.  Je n’ai jamais eu cette impression.
 
Dr.  C.C.  Eh bien, cela fait partie du mythe.  Il devait réfléchir sérieusement et prudemment avant qu’il décide de s’impliquer au combat  vers la liberté.  Lorsqu’il se rendait en prison, c’était une grosse affaire parce qu’il avait une famille à laquelle il devait penser ainsi que d’autres responsabilités.  Quand il se retrouvait en prison, il y restait le moins longtemps possible.  Parfois,  il était relâché sous caution immédiatement.  Les gens de mon âge n’avaient aucune responsabilité.  Nous n’avions pas une famille à faire vivre par conséquent il était “plus facile” d’aller en prison et de prendre des risques.  John Lewis était le président à l’époque du SNCC et il s’est retrouvé en prison plus de 25 fois.
 
P.T.  En Chine, une adaptation de votre pièce de théâtre Passages of Martin Luther King a été effectuée où MLK a été joué par l’acteur Cao Li à Beijing.  Comment vous vous sentez par rapport au fait que votre travail soit reconnu dans ce pays asiatique émergent?
 
Dr.  C.C.  Oh, cela m’a vraiment fait plaisir.  Cet événement auquel j’ai assisté était très émouvant pour moi.  C’était merveilleux et très significatif de voir ma pièce jouée par des grands acteurs chinois qui ont mis toute leur passion dans cet art scénique.  Recevoir cette reconnaissance de la part de l’un des plus grands et des plus peuplés pays de la terre était formidable.  Les mots de King étaient un message adressé au monde entier.  J’étais très impliqué sur le plan émotionnel et vraiment touché.  La plupart de l’audience était chinoise et les acteurs chinois étaient touchés par le message de King.
 
P.T.  Dans une entrevue avec Tavis Smiley, vous avez dit qu’à l’extérieur des Etats-Unis,  Dr. Martin Luther King est plutôt perçu comme une icône universelle et un leader.  Comment expliquez-vous que plusieurs Américains ont tendance à le voir comme un leader noir des droits civiques alors que le message de King concernait plutôt la fraternité transcendant les races?
 
Dr.  C.C. Je crois que cela fait partie de l’héritage du passé racial de l’Amérique.  Nous avons voté pour Obama, mais nous avons de la difficulté à croire que Dr King était aussi un leader des Blancs.  J’ai parlé à plusieurs Blancs qui ont été touchés par le message de King, qui l’ont admiré et qui ont été très influencés par lui.  Toutefois, il s’avère difficile pour certains de comprendre que le message de MLK s’adressait à tout le monde.  Nous n’avons pas de difficultés à saisir que les Afro-Américains peuvent admirer JFK parce qu’il n’est pas décrit en tant que président Blanc mais en tant que président.
 
P.T.  Cela est perçu comme étant la norme.
 
Dr.  C.C.  Exactement.  Dr. King aux Etats-Unis a toujours été décrit comme le leader noir ou negro .  Il a été mis dans cette catégorie, mais MLK était au-dessus de ces classements.  Je crois au fait qu’il avait autant de disciples blancs que noirs.
 
P.T.  A la marche de Washington, il y avait environ 60 000 blancs américains.
 
Dr.  C.C.  Oui et probablement beaucoup plus de personnes auraient souhaité être présentes.  Quand les Américains portent un regard sur Gandhi, ils ne le voient pas en premier par rapport à sa race.  La perception est différente.  Nous comprenons qu’il a transcendé la question de race.  Il est au-dessus de cela.  Mais les gens aux Etats-Unis perçoivent King autrement.  En contraste, les personnes en Inde qui ont entendu parlé de King ne connaissent pas les détails de son travail à Birmingham, Montgomery.  Elles ne savent probablement pas où sont situés ces endroits.  Mais ils savent que MLK soutenait une cause universelle de la même manière que Gandhi.  Ils étaient conscients qu’ils appuyaient une cause très positive et constructive. On peut admirer Gandhi sans nécessairement le percevoir dans un rôle combattant principalement l’indépendance de l’Inde.  De la même manière, en dehors des Etats-Unis, les gens n’ont pas tendance à voir MLK comme un leader noir.
 
P.T.  Nous vivons dans une société qui aime étiqueter les gens.  Par exemple, durant la dernière élection, au lieu de parler dans les médias fréquemment d’un candidat noir ou d’une femme candidate, il aurait été plus évolué de faire référence à des êtres humains tout simplement.

Dr.  C.C.  Oui.
 
P.T.  Je trouve incroyable que tant de personnes ne saisissent toujours pas ou ne connaissent pas les méthodes non violentes comme la désobéissance civile.  Par exemple, dans le documentaire de Michael Moore Bowling for Columbine, la première chose qui est venue à l’idée de l’un de ses interviewés a été d’utiliser un fusil s’il faisait face à une altercation.  Quand l’interviewer lui a demandé ce qu’il pensait des méthodes de Gandhi, l’homme ne savait pas de qui il s’agissait!  Gandhi a inspiré MLK.  Dans une entrevue faite dans le passé, MLK a dit au psychologue très connu Dr Kenneth Clark que certaines personnes croient que la non-violence concerne la complaisance stagnante et la passivité; toutefois, la non-violence concerne la force.  Que pensez-vous du niveau de compréhension des gens en Amérique à propos des méthodes de la non-violence?  Si vous croyez qu’il existe un problème, en tant que professeur que pensez-vous qui doit être corrigé dans les écoles afin de s’assurer que les jeunes gens en sachent davantage sur les pacificateurs comme Gandhi et MLK?  Pensez-vous aussi que nous donnons assez d’alternatives pour résoudre la violence en Amérique ou ailleurs dans le monde?
 
Dr.  C.C.  Je ne pense pas que la plupart des Américains en sachent beaucoup sur la non-violence.  La non-violence est plutôt définie par rapport à ce qui n’est pas, au lieu de ce qu’elle est.  Je la conçois comme une résistance constructive —une stratégie qui peut être utilisée pour combattre l’injustice et pour rechercher la réconciliation.  La non-violence concerne le changement que nous voulons d’une manière positive.  Nous n’avons pas assez exploré comment les gens peuvent résister à l’injustice de façon constructive.  Nous ne leur offrons pas beaucoup d’alternatives.  Par conséquent, ils pensent que la seule option consiste à se revancher.  Souvent les gens au pouvoir n’aiment pas utiliser les méthodes non-violentes.  Quand le sujet de la non-violence surgit, cela concerne souvent les gens ne détenant pas de pouvoir et non ceux qui sont au pouvoir.  Beaucoup de personnes opprimées perçoivent cela comme de l’hypocrisie.  Personne n’a dit, nous devrions répondre à la situation du 11 septembre de façon non-violente.  Pour les gens au pouvoir, cela n’a pas été considéré.  “Bien sûr, nous allons répondre aux attaques et que nous utiliserons toute la violence que nous avons, parce que nous avons le pouvoir”.  Ce fut la réponse.  Il existe des gens opprimés qui vivent l’expérience du 11 septembre en tout temps.  Il y a une destruction constante faite envers les personnes opprimées.  Le message que les opprimés obtiennent en terme d’actions et non de mots de la part des gens au pouvoir est:  “Quand vous subissez l’injustice, la meilleure chose à faire est de  rendre la pareille”.  C’est glorifié; nous pouvons le voir dans notre société tous les jours par l’entremise des médias.  Et cependant, si quelqu’un pose la question suivante:  “Quelle vengeance avez-vous obtenue?  Avez-vous détruit la terreur?” la réponse la plus honnête et la plus évidente est que nous avons créé encore plus de terreur.  Toutefois, vu qu’il existe tellement de tension autour de l’idée de la non-violence, spécialement entre les gens détenant le pouvoir et ceux qui n’en ont pas, l’idéologie de MLK et de Gandhi n’est pas adoptée par les gens et cela devient un message difficile.  Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à embrasser la non-violence.
 
P.T.  C’est probablement parce que nous n’avons pas des outils concrets nous apprenant comment l’appliquer.
 
Dr.  C.C.  Oui, définitivement.  Nous avons seulement exploré une infime partie de l’iceberg en terme de ce qui nous est accessible concernant la résistance non violente.
 
P.T.  Que pensez-vous qui peut être fait afin de s’assurer que les enfants en sachent plus sur MLK et Gandhi?
 
Dr.  C.C.  Eh bien, j’ai dévoué ma vie à faire cela.  J’essaie de m’assurer que les gens en sachent davantage sur leur méthode.  Pour Gandhi et MLK, les méthodes de la non- violence s’appliquent autant aux gens au pouvoir que ceux qui ne sont pas au pouvoir.  Durant la guerre du Vietnam, King a dit que vous ne pouvez pas dire aux personnes opprimées aux Etats-Unis de ne pas utiliser la violence lorsque 10 000 km plus loin, vous faites usage de la violence pour combattre le communisme.  C’était reconnu qu’il y avait une contradiction et un paradoxe.  Vous devez être conséquent et cohérent.  C’est seulement quand les gens pauvres ou opprimés sont fâchés que les gens au pouvoir leur disent d’être pacifiques.  J’encourage les lecteurs de consulter le site de l’Institut King  pour en savoir davantage sur la non-violence et sur les outils pouvant être utilisés.  Nous avons un programme d’études.  Nous publions des livres pour informer les gens.
 
P.T.  Pour le 40ième anniversaire de l’anniversaire de la mort de l’icône MLK, le très connu magazine français L’histoire a présenté plusieurs articles spécialisés sur le sujet.  Dans leur numéro du mois de mars 2008, nous apprenons par le notoire historien français Pap Ndiaye qu’au moment du décès de MLK, son autopsie a révélé que son cœur ressemblait à celui d’un homme âgé de 60 ans.  Pourtant, à ce moment, MLK était âgé de 39 ans!  Pensez-vous que MLK était conscient des conséquences de l’oppression dans son entièreté?
 
Dr.  C.C.  Même si je ne suis pas médecin, je crois que Dr King avait du stress en combattant l'oppression environnante ainsi que l’ensemble des Afro-Américains.  Dr King était constamment mis sous surveillance par la police fédérale de 1960 jusqu’à son assassinat le 4 avril 1968.  Par conséquent, cela a définitivement augmenté le stress.  Les travailleurs des droits civiques étaient fréquemment tués et Dr King recevait plusieurs menaces de mort.  Il a reçu des menaces contre lui et sa famille quotidiennement.  A cet égard, cet état de stress constant a eu un effet défavorable sur sa santé.  Il était au fait de l’impact que cela occasionnait sur son propre corps.  Il s’est rendu chez les médecins à plusieurs reprises et on lui a recommandé de se modérer mais il prenait la cause à cœur.  Les médecins lui ont fait savoir qu’il avait besoin de se reposer, de prendre plus de vacances.  Jusqu’à un certain point, il a essayé de faire cela. Il se rendait habituellement aux Caraïbes en vacances.  Il a essayé de partir à l’extérieur.  Il a aussi pensé à se retirer de son rôle en tant que leader du mouvement des droits civiques.
 
P.T. Vraiment?
 
Dr.  C.C.  Oh, oui.  Il a considéré la possibilité de devenir peut-être un théologien sur un campus.  Il a décidé à la fin que son rôle dans le combat n’était pas terminé.
 
P.T.  Je sais que même avant que le couple eût décidé de s’impliquer dans le combat, il avait la possibilité d’enseigner aux universités du Nord.  Par exemple, la feue Coretta Scott King avait la possibilité d’être une chanteuse professionnelle mais le couple a pensé qu’il devait s’impliquer pour améliorer la condition des Afro-Américains.
 
Dr.  C.C.  Exactement.  Le couple a discuté à propos des possibilités qui se présentaient au Nord du pays.  Il a été par exemple à Montgomery.  MLK avait des offres d’emploi.  Plusieurs universités lui ont proposé des positions dans leurs facultés.  MLK et sa femme ont finalement décidé de dédier leurs vies à la cause.  Ils ne pouvaient fermer leurs yeux par rapport à cette sérieuse lutte.

P.T.  Le feu notable écrivain James Baldwin a déclaré dans une entrevue que Dr MLK avait une plus grande autorité morale au Sud du pays qu’au Nord.  En tant qu’historien, comment expliquez-vous cette situation?
 
Dr.  C.C.  Eh bien, Dr King était un leader religieux et les leaders religieux avaient une plus grande autorité dans le Sud parce qu’une plus grande partie des Afro-Américains du Sud fréquentaient l’église.  En outre, il y avait moins d’autres types de leaders dans le Sud comparativement au Nord où l’on trouvait des avocats, des leaders politiques élus, des intellectuels en tout genre:  professeurs, etc.  Dans le Sud, il existait moins d’individus de tout type notamment des avocats et des politiciens élus  parce que dans le Sud, il était beaucoup plus difficile pour les avocats noirs de pratiquer leur profession.  Il était bien plus ardu pour les noirs politiciens d’être élus et de se retrouver dans les bureaux politiques parce que leur communauté n’était pas autorisée à voter.  Dans le Nord, il existait une grande et plus large variété de leadership parmi la communauté noire.  Il existait des leaders dans les journaux, les affaires en tout genre.  Dans le Sud, on retrouvait aussi une variété de leader mais pas autant que dans le Nord.  Dans la partie sud du pays, les leaders noirs baptistes avaient particulièrement l’avantage d’être dans une église où leurs emplois dépendaient de la congrégation.  Cela signifiait qu’ils ne pouvaient être renvoyés que par les membres de leur église.  Chaque congrégation était capable de choisir leurs propres leaders.  Les pasteurs noirs baptistes étaient sélectionnés par les autres noirs et cela leur donnait plus d’autorité.  Les pasteurs pentecôtistes étaient sélectionnés de cette façon et une grande partie de la communauté noire avait endossé leur nomination.
 
P.T.  Vous avez collaboré avec le Roma Design Group of San Francisco pour créer la « proposition gagnante » dans le cadre d’une compétition internationale pour le dessin du mémorial national King, présentement en construction à Washington, D.C.  Un sculpteur asiatique a ultérieurement été sélectionné pour créer la statue du mémorial King.  Quelle est votre position concernant le fait que certains Afro-Américains et Américains ont pensé qu’il était de leur devoir de construire ce mémorial et à propos du fait qu’aucun mémorial à Washington, D.C n’a été dessiné par un Afro-Américain dans le passé?  En sus, quels sont les développements en ce moment en ce qui a trait au mémorial de MLK à Washington, D.C et quel est le délai pour l’achèvement du monument?
 
Dr.  C.  Je ne peux répondre à la dernière question parce que j’étais impliqué seulement au niveau de l’étape concernant le dessin du mémorial et non au niveau de la procédure de construction du monument.  La fondation du mémorial King est responsable de la construction.  Ils ont été très clairs du fait qu’ils prenaient la décision en ce qui a trait à la procédure de la construction, de la sélection du sculpteur et des autres aspects concernant l’érection du mémorial.  Je ne crois pas que la nationalité du sculpteur soit un problème.  Pour moi, ce qui importe est l’évaluation de la qualité du sculpteur et de voir si sa compétence est appropriée pour quelqu’un comme King.  Il est toujours préférable que le sculpteur ait une certaine compréhension du sujet en question et qu’il ait une familiarité avec la culture américaine noire.  Je ne sais pas jusqu’à quel point on a pris en considération ces facteurs dans la sélection du sculpteur.  Je n’ai pas été non plus impliqué dans cette procédure.  Je crois qu’être Chinois ne devrait pas être un critère pour éliminer un sculpteur.  Cela devrait être une compétition ouverte pour sélectionner le meilleur sculpteur.  Dr King ne voyait pas la couleur et sa philosophie concernait l’universalité.  Toutefois, je pense que la vraie question est celle de la transparence.  Il n’y a pas eu une compétition ouverte.  Ce n’était pas non plus une compétition publique où les candidats pouvaient soumettre leurs idées.  J’ai lu le journal et c’est de cette façon que j’ai appris le nom du sculpteur pour le mémorial.  J’étais l’un des membres de l’équipe pour le dessin du mémorial et je considère que j’aurais dû être consulté.  J’aurais dû être informé de la décision prise et j’aurais dû être impliqué dans le processus de décision.  Lorsque les décisions ont été prises, les raisons du choix devraient être claires pour tout le monde.  Alors, en tant que personne impliquée au niveau du dessin du mémorial j’aurais préféré une situation où les dessinateurs du monument commémoratif ainsi que les collaborateurs auraient dû être inclus dans la sélection du sculpteur pour que le dessin de la sculpture corresponde aux idées du design final.  La seule façon de prévenir cela est de s’arranger pour que les dessinateurs originels travaillent avec le sculpteur afin de s’assurer que le concept original soit préservé.  Mais, ce n’est pas ce qui est arrivé.
 
P.T.  Vous avez fait des recherches sur MLK et Malcolm X.  Comment expliquez-vous le fait que jusqu’à présent, un film sur grand écran à propos de MLK (l’un des plus grands hommes américains) n’ait jamais été fait contrairement à Malcolm X ?  Si un tel film est produit dans le futur, qui pensez-vous devrait interpréter le rôle de MLK et pourquoi?
 
Dr.  C.C.  Je n’ai pas une véritable opinion à propos de qui devrait interpréter le rôle de MLK.  J’espère qu’un film à propos de lui sera fait dans le futur.  Je crois qu’il existe plusieurs acteurs afro-américains susceptibles d’effectuer un beau travail en interprétant ce rôle.  Je pense que la vie de Malcolm X est perçue comme étant plutôt exotique (rires).  De nombreuses personnes croient en savoir beaucoup plus sur MLK que Malcolm X.  Je crois qu’elles ont tort et il y a bien des choses qu’elles ne savent pas au sujet du Dr King.  J’aimerais écrire le scénario.
 
P.T.  Vous avez reçu une nomination aux Oscars pour le documentaire Freedom on my mind et un prix Grammy pour l’enregistrement de l’Autobiographie de MLK Jr.  Que représentent pour vous ces reconnaissances?
 
Dr.  C.C.  J’ai effectué ces projets en faisant partie d’un groupe.  Je ne peux donc prendre tout le crédit à mon compte parce qu’il ne s’agissait pas d’un accomplissement personnel.  Ainsi, ces prix ne sont pas dans ma maison.  C’est agréable pour nous de recevoir cette reconnaissance car nous avons travaillé fortement  par rapport à cette histoire de lutte.  La plus grande compensation que je puisse recevoir pour ce travail est le fait que les gens lisent l’autobiographie et regardent le documentaire.
 
P.T.  Voici la question finale:  Que pensez-vous de ce que Martin Luther King aurait dit s’il était toujours parmi nous concernant l’élection de Monsieur Barack Obama?
 
Dr.  C.C.  Dr. MLK a toujours cru en cette nation. Dr.  King, le rêveur a été tué mais il a été impossible de tuer le rêve. L’aspiration de MLK concernait la paix dans sa globalité et la justice sociale.  Il croyait au changement de mentalité.  Il savait que les Juifs, les Wasps , les Noirs et les autres pouvaient coexister et travailler ensemble.  Je pense que MLK serait très heureux du fait que plusieurs Américains ont choisi un candidat en se basant sur le contenu de son caractère plutôt que sur la couleur de sa peau.  Le monde voulait un changement.  L’envergure d’Obama en tant qu’unificateur lui a donné une portée internationale. Cependant, je pense aussi que MLK aurait critiqué la politique étrangère américaine concernant la guerre en Afghanistan.  Dr King aimerait que les Etats-Unis mènent un fort combat contre la pauvreté (sur son propre sol et à travers le monde) et en fasse une priorité.  MLK et Gandhi, les soldats de la non-violence ont prouvé qu’il était possible d’amener des changements par l’entremise du pacifisme. Dr King s’attendrait à ce que les Américains élèvent leurs âmes et  se concentrent sur la situation de leurs concitoyens.  Les Etats-Unis d’Amérique font partie des pays industrialisés qui ont le plus grand nombre de jeunes vivant en dessous du seuil de pauvreté.  MLK dirait qu’ils sont le futur pour ce pays et non le complexe industriel militaire.  Dr.  King était le défenseur des opprimés et il était un adepte de la redistribution des ressources.  Son engagement par rapport à la non-violence définissait l’idéologie de sa vie.

Je vous laisse sur cette citation du Dr King après sa visite en Inde dans la famille de Gandhi (1959):  “ Je suis convaincu plus que jamais que la méthode de la résistance non-violente est l’arme la plus puissante et disponible pour les gens opprimés dans leur lutte visant la justice et la dignité humaine”.

P.T.  Merci beaucoup Dr. Carson pour cette riche entrevue et pour votre remarquable travail qui a préservé le legs du Dr King.  Ce fut un honneur de vous interviewer!
 

Éducation (Diplômes universitaires):

1975 Doctorat (UCLA)
1971 Maîtrise ès lettres (UCLA)
1967 B.A.  (UCLA)


Conférences:

-    Dr Carson a fait des conférences à travers les Etats-Unis et à l’étranger:  Chine, Afrique du Sud, Zimbabwe, Tanzanie, Angleterre, France, Hollande et Belgique
-    Dr Carson a traité des sujets suivants dans ses conférences:  MLK, SNCC, Malcolm X, le parti des Black Panthers, les relations entre les Noirs et les Juifs, l’affirmative action.
-    L’historien a participé à des lectures sur sa pièce de théâtre  « Passages of Martin Luther King ».
-    Dr Carson a fait des conférences au nom de l’Organization of American Historians Distinguished Lectureship Program.

QUELQUES-UNES DES MAINTES POSITIONS DU DR.  CARSON:

2005 jusqu’à présent- Directeur, Martin Luther King, Jr., Institut de recherche et d’éducation, Université Stanford
1990 jusqu’à présent- Professeur, Département d’Histoire, Université Stanford
Automne 1996 Professeur Distingué, Département d’Histoire,  Université Emory
1985 jusqu’à présent – Editeur and Directeur, Martin Luther King, Jr., Projets de recherche, Université Stanford
1993 à 1994- Membre du Centre d’études avancées sur les sciences béhavioristes, Stanford, Californie 
1981 à 1990-  Professeur Associé, Département d’histoire, Université Stanford 
1974 à 1981- Professeur Assistant, Département d’histoire, Université Stanford
1968 à 1971- Programmeur informatique, Centre d’études de recherche (Institut de recherche pour les Sciences sociales), UCLA\1966 à 1967- Écrivain, Los Angeles Free Press
1962 à 1964 - Assistant de laboratoire, Université de Californie, Laboratoire National Los Alamos, Nouveau-Mexique (Saisons estivales)

TV et apparitions radiophoniques:

-    Good Morning America
-    NBC Nightly News
-    CBS Evening News
-    The NewsHour
-    Fresh Air
-    Tavis Smiley
-    Charlie Rose
-    Marketplace


LiVRES

Martin Luther King, Jr., Encyclopédie. Editée par Tenisha Armstrong, Susan Carson, Erin Cook,  et Susan Englander. Westport, La Presse Connecticut: Greenwood, 2008.

The Papers of Martin Luther King, Jr., Volume VI: Advocate of the Social Gospel, September 1948-March 1963. Edité par Susan Carson, Susan Englander, Troy Jackson, et Gerald L. Smith. La Presse Berkeley: Université de Californie, 2007.

The Papers of Martin Luther King, Jr., Volume V: Threshold of a New Decade, January 1959-December 1960. Edité par Tenisha Armstrong, Susan Carson, Adrienne Clay, et Kieran Taylor.  La Presse Berkeley: Université de Californie, 2005.

African American Lives: The Struggle for Freedom. Avec Emma J. Lapsansky-Werner et Gary B. Nash. New York: Pearson Longman, 2005. [Édition révisée et abrégée: The Struggle for Freedom: A History of African Americans. New York: Pearson Longman/Penguin Academics, 2007.]

Civil Rights Chronicle: The African-American Struggle for Freedom. Expert-Conseil principal. Lincolnwood, Illinois: Publications Internationales, Ltd., 2003.

Reporting Civil Rights. Part One: American Journalism 1941-1963 et Part Two: American Journalism, 1963-1973. Conseiller éditorial, avec David Garrow, Bill Kovach, et Carol Polsgrove. New York: The Library of America, 2003.

A Call to Conscience: The Landmark Speeches of Dr. Martin Luther King, Jr. Edité par  Kris Shepard. New York: Warner Books et Time Warner AudioBooks, 2001 (édition de langue étrangère: Japonais).

The Papers of Martin Luther King, Jr., Volume IV: A Symbol of the Movement, January 1957-December 1958. Édité par Susan Carson, Adrienne Clay, Virginia Shadron et Kerry Taylor. Berkeley: La Presse de l’Université de Californie, 2000.

The Autobiography of Martin Luther King. Jr. Editeur. New York: Warner Books et Time Warner Livres audio, 1998. • Martin Luther King Autobiographie. Paris: Bayard Éditions, 1998 (Traduction et notes de Marc Saporta et Michèle Truchan-Saporta). • «I Have a Dream» L’autobiographia del profeta dell’uguaglianza. Milano: Arnoldo Mondadori Editore, 2000 (Traduzione di Tania Gargiulo). • Eu Tenho um Sonho: A Autobiographia de Martin Luther King. Lisboa: Editorial Bizâncio, 2003 (Tradução de Francisco Agarez) .  Éditions d’autres langues étrangères: finnois, japonais, coréen.
 
Knock at Midnight: Inspiration from the Great Sermons of Reverend Martin Luther King, Jr. Edité par Peter Holloran. New York: Warner Books et Time Warner Livres audio, 1998 (édition de langue étrangère: français).
 

The Papers of Martin Luther King, Jr. Volume III: Birth of a New Age, December 1955 – December 1956. Edité par Stewart Burns, Susan Carson, Pete Holloran, Dana Powell. Berkeley:   Presse Université de Californie, 1997.

The Papers of Martin Luther King, Jr., Volume II: Rediscovering Precious Values, July 1951-November 1955. Edité par Ralph E. Luker, Penny A. Russell, et Peter Holloran. Berkeley: Presse Université de Californie, 1994.

The Papers of Martin Luther King, Jr., Volume 1: Called to Serve, January 1929-June 1951. Edité par Ralph E. Luker et Penny A. Russell. Berkeley: Presse Université de Californie, 1992.

American Voices: A History of the United States. Avec Carol Berkin, et al. Glenview, Illinois: Scott Foresman, 1992.

Malcolm X: The FBI File. Edité par David Gallen. New York: Ballantine Books, 1995. (Originairement publié par Carroll & Graf, 1991).

The Eyes on the Prize Civil Rights Reader. Edité par David J. Garrow, Vincent Harding, Darlene Clark Hine et Toby Kleban Levine. New York: Penguin Books, 1987; rev. Éd., 1991.

In Struggle: SNCC and the Black Awakening of the 1960s. Cambridge: Harvard University Press, 1981; 2e Edition, 1995. • Édition allemande: Zeiten des Kampfes: Das Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) und das Erwachen des afro-amerikanischen Widerstands in den sechziger Jahren (Aus dem Amerikanischen von Lou Marin). Nettersheim: Verlag Graswurzelrevolution, 2004).

EXTRAITS D’ARTICLES DE JOURNAUX:

"Two Cheers for Brown v. Board of Education." Journal of American History 91 (Juin 2004): 26-31.

"African-American Leadership and Mass Mobilization." The Black Scholar 24 (Automne 1994): 2-7.

"Martin Luther King, Jr., as Scholar: A Reexamination of His Theological Writings" (écrit en collaboration avec Peter Holloran et al.). Journal of American History 78 (Juin 1991): 93-105.

"The Student Papers of Martin Luther King, Jr.: A Summary Statement on Research."Journal of American History 78 (Juin 1991): 23-40.

"Martin Luther King, Jr.: Charismatic Leadership in a Mass Struggle." Journal of American History 74 (Septembre 1987): 448-454. Publié à nouveau dans Martin Luther King, Jr. and the Civil Rights Movement, édité par John A. Kirk (New York: Palgrave Macmillan, 2007); The Leader's Companion: Insights on Leadership Through the Ages, édité par J. Thomas Wren (New York: The Free Press, 1995); Taking Sides: Clashing Views on Controversial Issues in American History, Volume II, édité par Larry Madaras et James M. So Relle (Guilford, Connecticut: Dushkin Publishing Group, 1989).

QUELQUES-UNS DES CHAPITRES DE LIVRES


"Black-Jewish Universalism in the Era of Identity Politics." Dans Struggles in the Promise Land: Toward a History of Black-Jewish Relations in the United States, édité par Jack Salzman et Cornell West . New York: Presse Oxford Université, 1997.

"Rethinking African-American Political Thought in the Post Revolutionary Era." Dans The Making of Martin Luther King and the Civil Rights Movement, édité par Brian Ward et Tony Badger, 115-127. Londres: Presse Macmillan  Ltd., 1996.

"The Politics of Relations between African-Americans and Jews." Dans Blacks and Jews: Alliances and Arguments, édité par Paul Berman, 131-143. New York:  Presse Delacorte, 1994.

"Martin Luther King, Jr., and the African-American Social Gospel." Dans African-American Christianity, édité par Paul E. Johnson, 159-177. Berkeley: Presse d’Université de Californie, 1994. Publié à nouveau dans African-American Religion: Interpretive Essays in History and Culture, édité par Tomothy E. Fulop et Albert J. Raboteau. New York: Routledge, 1997. “Republié” African American Religious Thought, édité par Cornel West et Eddie S. Glaude, Jr., 696-714. Louisville:  Presse Westminster John Knox , 2003.

"Editing Martin Luther King, Jr.: Political and Scholarly Issues." dans Palimpsest: Editorial Theory in the Humanities, édité par George Bornstein et Ralph G. Williams, 305-316. Ann Arbor: La Presse de l’Université du Michigan, 1993.

"Blacks & Jews in the Civil Rights Movement: The Case of SNCC." Dans Bridges and Boundaries: African Americans and American Jews, édité par Jack Salzman, 36-49. New York: George Braziller, 1992. Version publiée auparavant dans Jews in Black Perspectives: A Dialogue, édité par Joseph R. Washington, Jr., 113-131. Rutherford, New Jersey.: Presse de l’Université Fairleigh Dickinson et Presse Université Associée, 1984 and Lanham, Md.: Presse d’Université d’Amérique, 1989.

"Reconstructing the King Legacy: Scholars and National Myths." Dans We Shall Overcome: Martin Luther King, Jr., and the Black Freedom Struggle, édité par Peter J. Albert et Ronald Hoffman, 239-248. New York: Pantheon Books, 1990. Version révisée de "Martin Luther King, Jr.: Charismatic Leadership in a Mass Struggle."

"Civil Rights Reform and the Black Freedom Struggle." Dans The Civil Rights Movement in America, édité par Charles W. Eagles, 19-32. Jackson: Presse d’Université de Mississippi, 1986. Publié à nouveau dans Interpretations of American History: Patterns & Perspectives, édité par Francis G. Couvares et al., éds. New York: Free Press, 2000.

ŒUVRES DRAMATIQUES:

"Passages of Martin Luther King," première internationale par le Théâtre National de Chine au Théâtre pionnier oriental de Beijing, Juin 21-24, 2007, dirigé par Wu Xiaojiang avec Cao Li interprétant le rôle de King.

"Passages of Martin Luther King," présenté comme œuvre dramatique interprété au Claremont Colleges, 4 avril, 2008 (avec Aldo Billingslea interprétant le rôle de King); the Rotunda Building, Oakland, 25 janvier 2007 (Aldo Billings); par le Théâtre National de Chine à Beijing le May 28, 2006 (sous le titre "Je fais un rêve"); à l’Université Stanford le January 15, 2006 (Aldo Billingslea en tant que King). Aussi présenté au Séminaire théologique de Princeton, 27 janvier 2000; Collège d’état Utah Valley, 24 janvier 2000; Université Willamette, 21 janvier 2000; Université de Washington, Tacoma, 15 janvier 1998; Université de Washington, Seattle, 14 janvier 1998; Collège Dartmouth, 15 janvier 1996; et Université Stanford, 17 janvier 1994.

"Martin Luther King, Jr., on War and Peace," interprétation et adaptation dramatique faite par un acteur  "Passages of Martin Luther King," présenté  à l’ Oakland's Lakeshore Avenue Baptist Church le 28 août 2003 (Danny Glover) et à l’Université Stanford le 19 février 2003  (Aldo Billingslea).

"Passages of Martin Luther King," docudrame produit et dirigé par Victor Leo Walker, II, présenté par le Département d’art dramatique Stanford et le Stanford Committee on Black Performing Arts, 2, 3, 9 10 avril 1993, à l’Auditorium Dinkespiel de l’Université Stanford.

QUELQUES-UNES DES PRODUCTIONS AUDIO-VISUELLES:

Conférencier, "African-American Freedom Struggle Lectures," YouTube Stanford
Producteur-associé et interviewé à l’écran, "King's Last March," American RadioWorks, American Public Media.

Producteur associé et conseiller historique, Have You Heard from Johannesburg? Apartheid and the Club of the West (Connie Field/Clarity Films, 2007).  Interviewé à l’écran. 10 Days that Unexpectedly Changed America – June 21, 1964: Freedom Summer (Station History, 2006).

Consultant et interviewé à l’écran. Negroes with Guns: Rob Williams and Black Power (The Documentary Institute, 2005).

Interviewé à l’écran. Martin Luther King – Ein Staatsverbrechen. (Production Tag/Traum Film, 2004).

Conseiller d’histoire. Citizen King (PBS DVD Video, American Experience, 2004).

Conseiller d’histoire. Brother Outsider: The Life of Bayard Rustin (California Newsreel, 2002).

Interviewé à l’écran. The Most: March on Washington. ( Station History, Novembre 2001).

Co-éditeur. A Call to Conscience:The Landmark Speeches of Dr. Martin Luther King, Jr. (Time Warner Livres audio, 2001).

Éditeur et lecteur de l’introduction de l’éditeur. The Autobiography of Martin Luther King, Jr. (Time Warner Livres audio, 1998). Lauréat du prix Grammy pour l’enregistrement du meilleur documentaire.

Co-éditeur. A Knock at Midnight: Inspiration from the Great Sermons of Reverend Martin Luther King, Jr. (Time Warner Livres audio, 1998).

Conseiller d’histoire et interviewé à l’écran. Blacks and Jews (Snitow-Kaufman/California Newsreel, 1997).

Conseiller d’histoire. Freedom on My Mind (California Newsreel, 1994). Association américaine d’histoire et prix de l’Organisation des historiens américains pour le meilleur documentaire; nomination aux Oscars pour le meilleur documentaire spécial (feature documentary).

Conseiller historique senior et co-éditeur de lecteur  (co-editor of Reader). Eyes on the Prize: America at the Racial Crossroads – 1965-1985 (Blackside, Inc./PBS Vidéo, 1989) 1. The Time Has Come (1964-1965); 2. Ain't Gonna Shuffle No More (1964-1972); 3. Two Societies (1965-1968); 4. Power! (1967-1968); 5. The Promised Land (1967-1968); 6. A Nation of Law? (1968-1971); 7. The Keys to the Kingdom (1974-1980); 8. Back to the Movement (1979-mid 1980s).

Conseiller d’histoire senior et co-éditeur de Reader. Eyes on the Prize: America's Civil Rights Years (Blackside, Inc./PBS Vidéo, 1986) Episode 1. Awakenings (1954-1956); 2. Fighting Back (1957-1962); 3. Ain't Scare of Your Jails (1960-1961); 4. No Easy Walk (1963); 5: Mississippi: Is This America? (1962-1964); Bridge to Freedom (1965).

QUELQUES DISTINCTIONS ET PRIX:


2008        Alphonse Fletcher, Sr., Membre, Associé non-résident à l’Institut W. E. B. Du Bois pour les recherches afro-américaines, Université Harvard

Doctorat honorifique de l’Université Niagara

  
2007        Doctorat Honorifique de l’Université Morehouse 
Récompense par le Caucus Noir législatif de Californie, Assemblée de la Californie, Sacramento

 
2004        Prix Gandhi King Ikeda, Martin Luther King Jr. Chapelle Internationale, Institut Gandhi pour la réconciliation, Université Morehouse, Atlanta


2000        Membre d’équipe sélectionné pour la compétition internationale pour le Mémorial national de Martin Luther King Jr., Washington, D. C.


1995        Doctorat honorifique pour le Pacific Graduate School of Psychology


1993-1994        Membre, Centre d’études avancées de sciences béhavioristes 
Programme de l’année pour "Passages of Martin Luther King," Prix Black Community Awards , Comité de l’Université Stanford


1991        Membre élu de la Société des historiens américains 
Prix Rosa Parks citoyen distingué , Martin Luther King, Jr., Association de Santa Clara Valley

1982        Prix Frederick Jackson Turner Award de l’Organisation des historiens américains pour In Struggle: SNCC and the Black Awakening of the 1960's

1978        Membre visiteur, Centre d’études de droits civiques et des relations raciales, Université Duke, Durham, Caroline du Nord

ENTREVUES SÉLECTIONNÉES:

2008      9 avril « La dernière marche de King», American Radio Works, American Public Media
              3 avril  « The Tavis Smiley Show », Public Radio International, enregistré à Bishop Charles Mason Temple Church, Memphis
              
              29 mars “Profils d’excellence”, KGO-TV, San Francisco

              18 janvier “The King papers project:  une entrevue avec Clayborne Carson”, The Chronicle of higher      education
              15 janvier, « News and notes », NPR
2007      12 septembre « Clay Carson la production chinoise de passages of Martin Luther King », Stanford report

              12 février « The Tavis Smiley Show »

              19 janvier « The Michael Eric Dyson Show »

              15 janvier « The Tavis Smiley Show »
2006      16 janvier « The Tavis Smiley Show »

2005       5 décembre « Morning edition » NPR


2004       19 janvier « Fresh air », NPR
                2 janvier « Morning edition » NPR

QUELQUES-UNS DES MAINTS SERVICES PUBLICS ET PROFESSIONNELS:
 

2007-jusqu’à présent   National Advisory Board, Archives de films et médias, Université Washington à St. Louis

2006-jusqu’à présent   National Advisory Board, Université Morehouse Collection Martin Luther King, Jr. 

2002-2005                   Conseiller, Recherche sur la pauvreté et la race, Action Council, Projet d’enseignement sur le mouvement des droits civiques

1997-1999                   Conseil d’administration, Bay Area Partnership, Project on Community Capacity Building, Berkeley

1997-2003                   Conseil d’administration, National Institute for Community Empowerment, Inc., Atlanta

1995                            Conseiller en histoire, National Parks Service Martin Luther King, Jr., les Centres visiteurs à Atlanta

1988-90                       Visiting Scholars Program, Woodrow Wilson National Fellowship Foundation

1988-89                       Membre, Comité-programme, Association historique américaine

1980-81                       Membre, Comité-programme, Filiale de la côte pacifique, Association historique américaine

1979-83                       Chaire, Histoire américaine et études sociales de test de développement, Comité, College Board

1979, 1985                  Invité d’un comité d’experts, Programme médiatique de division, National Endowment for the Humanities

AFFILIATIONS PROFESSIONNELLES:
 
American Academy of religion
American Historical Association
Association for documentary editing
Association for the study of African American life and history
Organization of American historians
Society of American historians
Southern historical Association
Writers Guild of America, West
ORGANISATIONS SUR LA NON-VIOLENCE
L’Institut Gandhi:  http://www.gandhiinstitute.org/
MIR (Mouvement international de la réconciliation)
MAN (Mouvement pour une alternative non violente)
IFMAN (Institut de recherche et de formation du Mouvement pour une alternative non violente)
IRNC (Institut de recherche sur la résolution non violente des conflits)
Non-Violence Actualités
Communauté de l’Arche